Témoignages

Témoignages de familles d'accueil pour personnes âgées

Six accueillantes du réseau Famillys racontent leur parcours, leur quotidien et leur vision de l'accueil familial pour personnes âgées.

Catherine B.

Accueillante familiale — réseau Famillys

On est moins nombreux, on passe plus de temps avec les personnes âgées. On se consacre beaucoup plus à eux, un service plus personnalisé.
Depuis combien de temps êtes-vous accueillante ? Quelle était votre profession avant ?

J'ai commencé il y a 5 ans et je suis sur un renouvellement, donc ça va faire 7 ans maintenant.

Avant, j'étais aide-soignante à domicile, uniquement pour les personnes âgées.

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD pour des personnes ayant perdu leur indépendance ?

Pour moi, c'est bien : on voit des personnes qui ne veulent pas aller dans des EHPAD. C'est une belle alternative. On est moins nombreux, on passe plus de temps avec les personnes âgées, on se consacre beaucoup plus à elles, un service bien plus personnalisé qu'en EHPAD.

On en parle plus aussi : j'ai vu sur TF1 des reportages sur les familles d'accueil. Ça commence à se développer.

Combien de personnes âgées hébergez-vous ? Quels âges ? Quelles pathologies ?

J'ai actuellement 2 personnes âgées chez moi, 85 et 80 ans. Pas de pathologies particulières. Les familles ont choisi l'accueil familial, et eux aussi — c'est important de leur demander leur avis.

Ils ont une perte d'autonomie : à un certain âge, on ne peut plus rester seul chez soi. Ils ont préféré l'accueil familial parce qu'on est moins nombreux et qu'on est à l'écoute.

Pouvez-vous me raconter une journée type ?

Le matin, c'est la toilette pour les deux, c'est moi qui la fais. Ensuite le petit-déjeuner, ils écoutent la radio. Le monsieur marche très bien, la dame moins. Ils regardent la télé, elle lit le journal, repos l'après-midi.

Le monsieur adore sortir : ancien agriculteur, j'habite à la campagne, il adore marcher dans la nature. Puis “Questions pour un champion”, ils ont leur routine. La dame m'aide à peler les légumes ; on a fait un gâteau ensemble, elle était contente. Le soir, rebelote : repas et coucher.

Comment vivez-vous la crise du Covid avec vos pensionnaires ?

Nous sommes 24h/24 à la maison à part pour les courses, donc ça ne change pas grand-chose. On reçoit quand même les familles avec toutes les précautions (lavage des mains, masque…).

Au 1er confinement, on n'a reçu personne pour les protéger au maximum, on téléphonait. Ça repart tranquillement, on a évité qu'ils soient contaminés. Une à deux visites maximum.

On dit souvent que c'est un métier passion. Qu'en pensez-vous ?

C'est exact : il faut aimer les personnes âgées. Je travaillais comme aide à domicile ; pour des raisons de santé, j'ai dû ralentir, donc je suis devenue famille d'accueil tout en restant près des personnes âgées. J'ai aussi un agrément pour les personnes handicapées.

Comment se sont passées vos premières rencontres avec les accueillis proposés par Famillys ?

Les rencontres se passent très bien. Parfois les familles sont un peu tatillonnes, mais c'est normal : elles ne nous connaissent pas. Ça se passe toujours bien.

Le plus gros problème rencontré dans votre métier ?

Aucun problème ! Je suis toujours en contact avec certaines familles après le décès de leur proche : elles prennent de mes nouvelles 2 à 3 fois par an. J'ai accueilli 5 personnes depuis le début.

Pensez-vous qu'une entreprise comme Famillys est positive pour le secteur ?

Je trouve ça génial. J'ai eu des décès en mai 2019 et je n'ai pas retrouvé d'accueilli avant janvier 2020 : c'était très difficile. Heureusement, entre collègues on s'entraide, on se passe les noms. Mais une plateforme comme Famillys facilite vraiment les choses.

Florence T.

Accueillante familiale — réseau Famillys

Cette alternative est bien moins brutale pour les personnes âgées que de se retrouver hors de chez soi, au milieu d'inconnus.
Depuis combien de temps êtes-vous accueillante ?

Je travaille depuis 1996. Avant, j'ai été éducatrice spécialisée pour jeunes enfants handicapés pendant 10 ans, commerçante pendant 5 ans, puis en cabinet de pédicure.

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD ?

Cette alternative est moins brutale pour les personnes âgées que de se retrouver hors de chez soi au milieu d'inconnus, avec plein de gens. C'est bien moins perturbant.

Pouvez-vous me raconter une journée type ?

Cela fait 25 ans que je fais ce métier, il n'y a pas de journée type. C'est eux qui s'adaptent à mon rythme, ou moi au leur — bien plus agréable qu'en centre avec un lever imposé à 7h. J'ai 3 personnes en simultané la plupart du temps ; ça peut être très dynamique ou non.

Combien de personnes hébergez-vous ?

Plus qu'un actuellement, âgé de 93 ans (trouble cognitif type Alzheimer, semi-valide).

Comment vivez-vous la crise du Covid ?

Cela m'a demandé du travail en plus : j'ai vraiment appliqué toutes les règles sanitaires pour protéger au maximum mes accueillis (désinfectants, masques…). J'ai 2 annexes — une pour mes enfants, une pour mes accueillis — très pratique pour éviter tout contact, mes enfants étant scolarisés.

Est-ce un métier passion ?

Je n'irais pas jusque-là. Je dirais plutôt que j'ai depuis toujours une fibre sociale, humaine, empathique. C'est naturel chez moi, j'aime aider les gens. Je fonctionne au feeling : lors d'une rencontre, il faut qu'il se passe quelque chose entre moi et l'accueilli.

Le plus gros problème rencontré ?

Souvent avec les familles : pas toujours sympathiques. Quand elles viennent avec enfants et petits-enfants, ils entrent parfois dans des pièces interdites ou se servent dans les placards sans y être invités. Il faut poser un cadre pour que les règles soient respectées.

Comment se passent les relations avec vos enfants et les accueillis ?

Mes enfants connaissent ça depuis tout petits. Je me rappelle de très bons moments : ils préparaient des petits gâteaux pour les mamies. Maintenant ils sont plus grands.

Famillys, un service positif ?

Je suis favorable à ces nouvelles entreprises qui font connaître cette alternative. Pendant ma carrière, j'avais pensé à un site comme Famillys pour faciliter l'accès aux familles d'accueil, en un clic. L'administration prend du temps, ces entreprises nous allègent la tâche.

Brigitte P.

Accueillante familiale — réseau Famillys

Si on n'aime pas ce métier et qu'on n'a pas de patience, ce n'est pas la peine de le faire.
Depuis combien de temps êtes-vous accueillante ?

Je travaille depuis 35 ans comme famille d'accueil. Avant, je travaillais à Coulogne dans une association qui m'envoyait chez des personnes âgées (repas, ménage, etc.).

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD ?

C'est beaucoup mieux. On peut sortir avec la mamie, aller où on veut. Je les ai toujours emmenées en vacances, au restaurant — beaucoup de sorties et d'activités, alors qu'en EHPAD ils restent dedans et s'ennuient.

Combien de personnes hébergez-vous ?

Une chez moi depuis 17 ans, et une autre reprise exceptionnellement quelques mois parce que la famille ne trouvait personne. J'ai eu 13 personnes en 35 ans, dont une pendant 21 ans.

L'une a la maladie d'Alzheimer, l'autre a eu 3 cancers. La mamie qui a une démence a passé 20 ans en hôpital psychiatrique et fait 5 familles d'accueil avant la mienne. Il a fallu un temps d'adaptation, mais ça s'est très bien passé : il faut énormément de patience.

Une journée type ?

Matin : toilette et petit-déjeuner avec jus d'orange. 10h30 : lecture. Repas du midi puis sieste d'une heure. L'après-midi : activités, cartes pour les anniversaires, on discute beaucoup. Quand il n'y aura plus de Covid, on reprendra nos sorties (marche, plage, lac).

Comment vivez-vous la crise du Covid ?

On essaie de les rassurer, de leur parler. On reçoit un peu la famille, sinon on leur fait voir au téléphone — la mamie est sourde, ce n'est pas évident. On les occupe au maximum. Au portail, on met une chaise pour discuter avec les proches. Ils ont été vaccinés.

Est-ce un métier passion ?

Moi, c'est toute ma vie : ça fait 25 ans. Il faut être patient et tolérant, et que le mari et les enfants soient d'accord. Si on n'aime pas ce métier et qu'on n'a pas de patience, ce n'est pas la peine. On fait le maximum pour que les mamies soient bien.

Comment se sont passées les premières rencontres ?

La mamie vient boire un café, on discute. On la fait venir manger, tous les quinze jours pendant 1 à 2 mois pour l'habituer et voir les réactions. Puis 1 à 2 mois d'essai, et ça se fait tout doucement.

Le plus gros problème rencontré ?

Une mamie dont les enfants ne voulaient plus me payer : on est intervenu au bout de 6-7 mois avec l'assistante sociale du conseil général. Ça a duré près d'un an. J'ai eu tout mon rappel.

Vos relations avec les enfants des personnes âgées ?

Toujours très bien : on les invite aux anniversaires, à Noël ils viennent manger un morceau de bûche. Quand les mamies peuvent se déplacer, elles passent la journée chez leurs enfants. Une seule famille avec qui ça ne s'est pas bien passé en 35 ans.

Famillys, un service positif ?

Super. J'aurais aimé connaître ce type d'entreprise plus tôt : pour l'administratif, dès qu'il y a un souci on a quelqu'un au téléphone pour expliquer. Je regrette qu'il n'y ait pas eu ça avant. Ça fait un an qu'on travaille ensemble et j'en suis très heureuse.

Véronique D.

Accueillante familiale — réseau Famillys

On fait ce métier parce qu'on l'apprécie ; si c'est pour la rémunération, ce n'est pas possible.
Depuis combien de temps êtes-vous accueillante ?

J'exerce le métier de famille d'accueil depuis 2011. Avant, j'étais aide-soignante en hôpital psychiatrique, en EHPAD, et en maison spécialisée avec des adultes handicapés.

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD ?

C'est très bien pour les personnes qui ne peuvent plus rester seules chez elles, même avec une aide-ménagère. À mon niveau, quand ça devient trop compliqué, je réoriente vers l'EHPAD. Quand une personne est atteinte d'Alzheimer ou d'addictions, je préfère ne pas la prendre.

Combien de personnes hébergez-vous ?

Trois actuellement. Une dame de 97 ans (démence sénile gérable, ici depuis 4 ans). Une dame de 50 ans en accueil thérapeutique puis social (2 ans et demi). Et une autre dame depuis juillet, après un AVC.

J'avais accueilli une dame atteinte de la maladie de Charcot ; au bout de 3 ans, c'était devenu très compliqué — jusqu'à 5h juste pour lui donner à manger, il fallait un lève-malade.

Une journée type ?

La dame de 97 ans veut surtout être tranquille dans sa chambre mais vient aux repas. Celle qui a fait un AVC lit énormément. La dame de 50 ans est suivie par le CFP et fait des activités à l'extérieur. Sinon, jardinage, jeux : je stimule sans forcer. On mange tous ensemble le midi et le soir.

Comment vivez-vous la crise du Covid ?

Depuis le début, les familles viennent avec masques, on aère avant/après, lavage de mains… C'est compliqué à gérer au quotidien, mais cette crise n'a pas spécialement affecté mes accueillis.

Est-ce un métier passion ?

J'ai arrêté de travailler en structure parce qu'on n'avait pas le temps. Tout y est chronométré. Si on fait ce métier pour la rémunération, ce n'est pas possible. J'adore ce que je fais. Quand un accueil n'est plus gérable, je préfère réorienter vers un service plus adapté.

Comment se sont passées les premières rencontres ?

Quand on m'appelle, je demande un rendez-vous : c'est une question de feeling. On explique le contrat, les règles. Un mois d'essai renouvelable. On ne plaît pas à tout le monde, et il faut aussi que l'accueil soit cohérent entre les personnes âgées.

Le plus gros problème rencontré ?

Les familles ne sont pas toujours très présentes : elles se reposent sur la famille d'accueil. Le seul vrai problème : la dame atteinte de Charcot. Je ne suis pas une structure ; alitée 24h/24, on ne la comprenait plus. J'ai dépassé mes limites avant de devoir arrêter.

Famillys, un service positif ?

C'est bien : ça facilite notre métier pour la recherche d'accueillis et certaines démarches administratives. Les conseils départementaux ne font pas grand-chose pour faire connaître cette alternative.

Josiane D.

Accueillante familiale — réseau Famillys

J'aime faire des balades avec eux, les prendre par le bras, faire la cuisine avec eux. Tout simplement m'occuper d'eux.
Depuis combien de temps êtes-vous accueillante ?

J'exerce ce métier depuis 30 ans. Avant, j'étais agricultrice, je travaillais à la ferme.

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD ?

Nous, accueillants familiaux, c'est comme une grande maison de retraite répartie partout en France. On propose un service plus familier, on ne peut pas comparer aux EHPAD.

Combien de personnes hébergez-vous ?

Personne pour le moment : j'ai refusé à cause du Covid. Ce qui me fait peur, ce sont les familles qui ne veulent pas se protéger. Je préfère attendre la fin de la crise. J'avais auparavant deux dames de 92 et 93 ans, parties en plein Covid mais pas à cause de lui. J'en ai gardé une 8 ans au lit (polio).

Comment vivez-vous la crise du Covid ?

Je préfère ne pas accueillir tant que ce n'est pas fini. Trop de risques avec les visites des familles.

Est-ce un métier passion ?

Le métier me convient tout à fait. J'aime ce contact avec les personnes âgées — un peu comme des enfants, j'aime les choyer. Faire des balades, les prendre par le bras, faire la cuisine avec eux. M'occuper d'eux, simplement. Ça m'a toujours plu.

Le plus gros problème rencontré ?

Les fugues ou les personnes violentes. J'en ai gardé 2 ou 3 quelques jours seulement — un sautait la clôture la nuit, un autre était violent. Les familles m'avaient menti en disant qu'ils étaient calmes.

Comment se sont passées les premières rencontres ?

On rencontre la famille, on discute, on voit la personne et ses pathologies. Puis 8 jours ou 1 mois à l'essai. Si ça ne va pas, on arrête. Sinon, on part sur du définitif.

Vos relations avec les enfants des personnes âgées ?

Il y en a qui sont très bien. Les deux dernières étaient sous tutelle. Parfois c'est compliqué : ils venaient voir leur maman mais s'énervaient entre eux pour des problèmes de paiement.

Famillys, un service positif ?

Je trouve ça très bien, ce nouveau service pour les familles qui cherchent une famille d'accueil.

Natacha B.

Accueillante familiale — réseau Famillys

Ce qui me plaît, c'est de pouvoir m'occuper d'eux correctement, leur consacrer du temps tout en restant chez moi.
Depuis combien de temps êtes-vous accueillante ?

Je travaille en tant que famille d'accueil depuis 5 ans. Avant, j'étais aide-soignante en EHPAD.

Combien de personnes hébergez-vous ?

3 personnes âgées : 90, 91 et 92 ans. Une dame sans pathologie particulière, une dame atteinte de la maladie d'Alzheimer, et un monsieur qui a fait un infarctus et ne peut plus rester seul.

Une journée type ?

Le matin l'infirmière passe pour les toilettes, puis petit-déjeuner ensemble. Je fais mes tâches ménagères. Repas du midi en commun, puis sieste. L'après-midi : lotos, jeux de société, ou promenade quand il fait beau. Goûter, l'infirmière repasse pour le pyjama, dîner ensemble, puis coucher.

Comment vivez-vous la crise du Covid ?

Là ça va mieux, mais le plus dur a été le confinement total de mars 2020. Les personnes âgées ne comprenaient pas cette histoire de virus. On a fait beaucoup d'appels en visio pour pallier au mieux. Maintenant les visites sont à nouveau possibles, avec masque.

Est-ce un métier passion ?

Ce qui me plaît, c'est de pouvoir m'occuper d'eux correctement, leur consacrer du temps tout en restant chez moi.

Comment se sont passées les premières rencontres ?

Je vais les voir chez eux ou à l'hôpital. Si possible, je fais une journée d'essai chez moi — ils mangent avec nous, voient comment ça se passe. Ils décident s'ils veulent venir. La période d'essai au contrat est d'un mois.

Le plus gros problème rencontré ?

Un monsieur très insultant et irrespectueux que je n'ai pas pu garder. Et une famille avec qui je ne m'entendais pas : ils arrivaient sans frapper et se permettaient d'ouvrir le frigo.

Vos relations avec les enfants des personnes âgées ?

Toujours très bien, à part avec cette famille-là. Sinon, je m'entends très bien avec elles.

Famillys, un service positif ?

Je trouve ça très bien. Famillys me contacte régulièrement pour placer des personnes âgées chez moi. Ça permet de faire connaître l'accueil familial, et c'est très bien.

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